CINEMEDBlog

l'ESJ au cœur du festival Cinemed 2010 à Montpellier

« Le webdocu ? Trop gadget et ça énerve »

Posted by kamel On octobre - 27 - 2010

© kamel Amarni

« Le webdocumentaire ? C’est trop gadget pour réussir! » Cette sentence est prononcée sans la moindre hésitation par Tahani Rached, réalisatrice égyptienne spécialisée dans le documentaire depuis des décennies. « J’ai assisté au colloque de mardi dernier sur le web documentaire. J’étais curieuse au départ mais, à la fin, je n’étais pas du tout convaincu ». La réalisatrice du documentaire «Voisins», qui concourt au festival, explicite son propos:  » J’ai par exemple vu le webdocumentaire intitulé « Prison valley » qui me paraissait intéressant. Or, à mesure que cela défile, vous avez plein de fenêtres qui s’ouvrent, des flèches qui vous invitent ici et là à venir voir une photo ou je ne sais quoi encore. C’est vraiment énervant et cela déconcentre. On a carrément affaire à un gadget ! Ce n’est plus un documentaire !» Tahani brise l’unanimisme autour de la question et ira plus loin encore.  Le film documentaire classique est il menacé  par son clone du web ? « Mais non ! Pas du tout ! » Sur ce point d’ailleurs, il est difficile de lui porter la contradiction.

Trouver des diffuseurs

Notre interlocutrice a travaillé sur le documentaire depuis de très longues années, tant en Égypte qu’au Canada. Pour elle « le sous titrage reste un handicap permanent pour le documentaire. »  N’empêche, la principale difficulté reste « celle de trouver des diffuseurs. Quand on produit un documentaire, il faudrait bien trouver un diffuseur, une chaine de télé pour le montrer au public ». Ces réticences des télévisions menacent elles la survie du métier plus que le web? « Je n’en suis pas sur. Il faut juste que les chaînes aient un peu plus de courage. Qu’elles acceptent des produits moins neutres, moins conventionnels, des documentaires ou l’on peut prendre position ». L’autre tare que dénonce Tahani à la télé est leur empressement à en finir sitôt la production du documentaire est acceptée.  » Elles vous donnent toujours très peu de temps. Or, un bon documentaire se réalise en deux ans en moyenne. En tout cas, moi je travaille de cette manière. » Le temps, c’est aussi de l’argent mais sur ce point, Tahani ne s’en plaint pas trop. « Pour mes deux derniers documentaires, j’avoue j’ai eu de la chance de travailler avec un grand directeur, celui de « Studio Misr » (L’office national de diffusion en Égypte, ndlr), qui a accepté de tout financer ». Un aperçu pour mieux mesurer la chose: le dernier documentaire de Tahani a couté près de 80.000 Euros..

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Un regard sur les nouveaux ghettos des riches

Posted by hatim On octobre - 27 - 2010

© Hatim

Dans « Voisins », documentaire en compétition pour cette 32éme édition, la réalisatrice Tahani Rached a confié  qu’elle a voulu raconter l’histoire contemporaine de l’Égypte en faisant un zoom sur Garden City, un quartier cairote sur-protégé en raison des craintes liées au terrorisme, le rendant de facto comme une sorte de ghetto riche. Tahani Rached porte des regards originaux sur des thématiques lourdes de l’actualité. « Essentiellement sur des aspects qui font beaucoup de bruits pour rien » poursuit-elle. En attendant, cette production aura coûté la petite bagatelle de 80.000 euros et Tahani Rached promet qu’en mobilisant plus de fonds, elle pourra produire une série documentaire pour la télévision.

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Après l\'aventure 2009, nous sommes de nouveau sept journalistes, trois algériens, deux marocains, deux croates pour rendre compte du festival par le biais de ce blog. Ce projet est mené par ESJ Lille et Montpellier et le ministère des affaires étrangères

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